Arbre généalogique de Goulier

Un chef d’œuvre ! C’est le premier mot qui vient à l’esprit en entrant dans l’église de Goulier, l’un des villages les plus hauts perchés de la vallée du Vicdessos. Au tour du grand bénitier, un grand cercle de huit mètres de diamètre formé par de grands panneaux de contreplaqué accolés les uns aux autres. Une immense fresque de 25 mètres de longueur sur laquelle figurent 2235 individus et plusieurs centaines de photos représentant 14 générations et remontant jusqu’en 1635, année de naissance de Nadal Barbe, l’ancêtre commun. Au départ de ce projet, deux hommes, Dominique Delaroque et Jean-Luc Philippet, avaient, chacun de leur côté, recherché l’arbre généalogique de leur famille. En extrapolant sur leurs cousins, ils ont uni leurs efforts et, avec l’aide technique de François Cugullière et la participation d’une grande partie des familles du village, ont réalisé leur immense fresque après 12 ans de travail et de recherches, tant au niveau local (archives municipales, de l’église avant 1791) que départemental à Foix.

«En partant de tous les enfants de la génération d’Antoine, nous avons voulu les réunir jusqu’à essayer de leur trouver un ancêtre commun», précise Jean-Luc en parlant de son fils, né en 2005. «Il faut bien reconnaître que nous avons un peu triché, ajoute sportivement Dominique. Certains relevés ou arbres généalogiques avaient déjà été faits par des anciens du village comme Robert Reulle (ancien maire de la commune, ndlr), Maurice Séguélas et René Soueix, à l’époque où les outils informatiques n’existaient pas.» Président de l’association Les amis de Goulier» (dont le secrétaire est Jean-Luc Philippet), Dominique Delaroque se flatte avec humour d’être une «pièce rapportée» dans son village : «J’avais besoin de me trouver une attache, une raison d’être. Le plus dur, maintenant, c’est de redescendre : de nouvelles familles arrivent, il faut tenir compte des mariages, des naissances, des décès et établir des contacts pour trouver encore plus de photos et élargir encore notre arbre. Ce n’est jamais fini…»

«Nous avons placé un livre d’or au milieu du cercle pour récupérer d’autres documents ou rectifier certaines erreurs, renchérit Jean-Luc. Grâce à l’accord du curé de Tarascon, l’église restera ouverte tous les dimanches jusqu’à la Toussaint. Et le responsable de l’église Léon a accepté que nous utilisions l’église : il est très content que l’on puisse ainsi la visiter, y compris la tribune où il a lui-même installé une exposition permanente avec des documents, photos et peintures.» Et cette jolie «saga goulierenne» n’est pas près d’être close. Antoine, 12 ans, le fils de Jean-Luc, participe depuis plusieurs années au travail de l’équipe, ne serait-ce qu’en se plaçant souvent derrière les épaules de son père pour mieux le conseiller au niveau technique informatique. «Il est capable de conduire une visite guidée de l’exposition pour expliquer sa création et les recherches : il sait faire», conclut fièrement Jean-Luc. «J’ai envie de continuer, avoue spontanément Antoine. Ce travail ne finit jamais. Je suis content de faire plaisir à des gens en leur faisant connaître leurs ancêtres. Et puis j’ai une passion pour les chiffres. J’adore…» Que voulez-vous que nous ajoutions, sinon donner à ceux que cette superbe réussite concerne ou intéresse, la possibilité de se joindre à la fête en tapant contact@lesamisdegoulier.fr.